Fruit du hasard

Le philosophe grec Démocrite affirmait que « tout ce qui existe dans l’univers est le fruit du hasard et de la nécessité ». Le premier verset de la Bible résonne tout à fait différemment: « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ». L’univers et ce qu’il contient sont-ils le fruit du hasard, ou ont-ils été créés par un « Être transcendant » ?
Voici quelques arguments en faveur de la deuxième solution.

Le commencement

L’univers a-t-il commencé à un instant précis ou a-t-il toujours existé ?
Actuellement, la majorité des scientifiques admettent que l’univers a commencé à exister lors du Big Bang [1], gigantesque « explosion », et que depuis il est en expansion constante (c’est ce qu’Einstein énonçait dans sa théorie de la relativité générale).
Cette hypothèse d’un univers dynamique a été confirmée par de nombreuses observations. En 1929, Edwin Hubble met en évidence l’éloignement des galaxies les unes par rapport aux autres, éloignement d’autant plus rapide que les galaxies sont éloignées de la nôtre [2]. En 1965, deux scientifiques observent un vestige de l’explosion ayant donné naissance à l’univers, qu’ils appelèrent « rayonnement cosmique ».
Aussi, selon la seconde loi de thermodynamique, ou loi d’entropie, la quantité d’énergie utilisable pour accomplir un travail mécanique est en train de décroître et se dégrade en chaleur non utilisable. Or, si l’univers était éternel, cette énergie disponible serait depuis longtemps épuisée, ce qui n’est pas le cas. Ainsi, l’hypothèse d’un univers éternel est improbable.

Principe anthropique et argument téléologique

L’argument téléologique [3] repose sur le principe anthropique (à ne pas confondre avec principe entropique), qui stipule que les conditions présentes lors du Big Bang étaient réglées de telle manière à ce que la vie puisse se développer.
L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan explique que : « L’univers a été réglé de façon telle qu’il avait dès le départ la potentialité d’accoucher de la vie. L’émergence de la vie dépend en effet d’un réglage extraordinairement précis des conditions initiales et d’une poignée de constantes physiques [4] … Changez un tant soit peu l’une de ces constantes et de ces conditions et nous ne serions plus là pour en parler… ».

Qu’entend-il par « un tant soit peu »? Il compare la précision de réglage de ces paramètres à « la précision qu’un archer devrait obtenir pour placer une flèche dans une cible d’un centimètre carré placée à 15 milliards d’années lumière » [5]. Autant dire que les chances pour que la vie ait pu apparaître par hasard dans l’univers sont infiniment petites !!

Certaines personnes répondent à cet argument du principe anthropique en affirmant que nous ne devrions pas être surpris de ce réglage si précis de l’univers, car si l’univers n’était pas si finement réglé nous ne serions pas là pour en parler. La faiblesse de cette argumentation peut être mise en évidence par l’illustration suivante. Pendant que vous voyagez à l’étranger, vous êtes arrêtés pour trafic de drogue. Vous vous retrouvez devant un peloton d’exécution constitué d’une centaine de tireurs d’élite. Vous entendez les ordres du chef du peloton : « En joue… Feu ! ». Les détonations, mais vous vous rendez rapidement compte que vous êtes toujours vivant, aucune balle ne vous ayant atteint. Quelle est votre conclusion : « Je ne devrais pas vraiment être surpris de l’improbabilité que tous les tireurs aient manqué leur cible, car s’ils ne l’avaient pas manquée, je ne serai pas là » ? Bien sûr que non ! Votre conclusion serait plutôt que la centaine de tireurs a fait exprès de rater leur tir, et qu’il ne s’agissait en fait que d’une mise en scène savamment orchestrée. De la même manière, étant donné l’improbabilité incompréhensible du réglage si précis des constantes et conditions physiques ayant permis l’éclosion de la vie, il est rationnel d’en conclure que ce n’est pas le résultat de la chance, mais d’un dessein créateur [6].

La complexité du corps humain

Notre corps est constitué de 100 000 000 000 000 de cellules, regroupées pour former des tissus et organes qui remplissent des fonctions bien définies.
Prenons une seule cellule. Son noyau contient 23 paires de chromosomes, porteurs de l’information génétique nécessaire à l’élaboration de tous les éléments du corps humain. L’ADN [7] humaine peut être comparée à une encyclopédie de 46 volumes ayant chacun 20 000 pages ! En décondensant les molécules d’ADN d’une seule cellule et en les mettant bout à bout, la chaîne ainsi formée atteindrait une longueur de 2 mètres !

Le cerveau est l’objet d’énormément de recherches et recèle encore bien des mystères… Dans The amazing brain, Robert Ornstein et Richard F. Thompson (professeurs de biologie humaine et de psychologie à l’unversité de Stanford) ont affirmé qu’au bout de plusieurs siècles d’études du cerveau par des milliers de scientifiques, la seule façon de le décrire correctement est de dire que le cerveau est un miracle ».

En guise de conclusion…

L’admirable complexité de l’univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, semble pointer irrésistiblement vers Dieu. Ecoutons ce qu’en a dit Pierre-Paul Grassé, zoologiste français: « Si je suis revenu à la foi, c’est par la Science, par une démarche scientifique… Je suis de ceux qui estiment que le monde sans Dieu n’est pas compréhensible. Dieu est la seule clé qui nous permet de comprendre le monde ».

Notes:
[1] Il y a environ 14 milliards d’années.
[2] Une image fréquemment proposée est celle d’un ballon de baudruche que l’on gonflerait. Deux points tracés du côté opposé à celui on l’on souffle s’éloignent plus rapidement l’un de l’autre que deux points tracés à proximité de l’embout où on souffle.
[3] Du grec telos, fin, et logos, étude. Cet argument repose sur l’idée de finalité.
[4] Par exemple la constante de l’interaction nucléaire, la constante gravitationnelle, … Hugh Ross dénombre 26 paramètres.
[5] Environ 141 915 000 000 000 000 000 000 km
[6] D’après une traduction libre de The Evidence for Christianity du Dr William Lane Craig
[7] Acide désoxyribonucléique, formé des quatre « lettres » A, T, C, G, permettant après des processus complexes la fabrication des protéines.
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